
Retrait de Borloo : Causes et conséquences
Jean-Louis Borloo vient d’annoncer son retrait de la course à la présidentielle. Au-delà des raisons officiellement invoquées (désir de ne pas accroître la confusion à droite, crainte d’un « 21 avril à l’envers », dynamique trop faible), on peut légitimement s’interroger sur d’autres causes possibles.
Menaces sur ses troupes au moment des investitures aux législatives ?
Menaces sur ses financements ?
Promesse d’un reclassement valorisant ?
Manœuvres de l’UMP autour d’une autre candidature ?
Arrêtons-nous un instant sur cette hypothèse. Nul n’aura échappé à la messe de célébration d’Alain Juppé sur France 2 jeudi dernier…Voici un homme plutôt discret que la télévision publique nous propulse sur le devant de la scène, lui déroulant un tapis rouge et lui donnant une tribune de plus de deux heures… N. Sarkozy au plus bas des sondages fait craindre à l’UMP une Bérézina électorale au moment des législatives, après la présidentielle, et donc bien des parlementaires craignent pour leurs sièges. Comment ne pas alors imaginer un plan B, à dégainer trois, voire deux mois avant l’échéance ? On nous présenterait alors un Juppé à l’image redorée, plus présentable en homme d’Etat responsable et pondéré que l’actuel président. Avec en face un candidat socialiste, otage de son aile gauche, il pourrait être plus à même de récolter au 1er tour les voix du centre droit, et au 2ème , celles du reste du centre. Passez muscade, le tour est joué ! Mais attention, il avait tout de même été condamné dans l’affaire des emplois fictifs de la ville de Paris… On sait qu’il a payé pour les autres, ce qui le rachète certes, mais dans le contexte actuel des « affaires », ça peut faire désordre….
Wait and see.
Passons aux conséquences de ce retrait, à plus ou moins brève échéance.
Notre premier réflexe est bien sûr une double satisfaction :
Celle de constater que François Bayrou avait encore vu juste en ne croyant pas à la pérennité de cette candidature.
Celle, plus fondamentale, de voir disparaitre ce qui nous était présenté comme un concurrent sur l’électorat centriste. Même si la démarche était profondément différente, il faut admettre que son départ dégage l’horizon au Centre, les candidatures « résiduelles » d’H. Morin ou de D. de Villepin apparaissant peu crédibles, peu porteuses, voire en déshérence..
Maintenant, gardons-nous de tout triomphalisme ! F. Bayrou revient en force sur la scène politique, mais c’est aussi pour cela qu’il risque d’être à nouveau la cible d’attaques plus ou moins loyales, plus ou moins perfides…
Par ailleurs, face à cette nouvelle situation, nous avons plus que jamais la lourde responsabilité de lever haut l’étendard d’un vrai Centre indépendant, d’un rassemblement autour d’une donne nouvelle. La marche est haute, mais n’est pas inaccessible et l’opportunité est réelle.
Le message d’une majorité nouvelle, centrale, d’union des gens de bonne volonté, de tous bords démocrates au-delà des étiquettes, doit plus que jamais être porté, relayé, répété. Il y a une vraie attente en ce sens ; plus, une vraie urgence ! Nous n’avons pas le droit de la décevoir.
Christine MARGOGNE
Déléguée MoDem Brest
Conseillère nationale.
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