
Rentrée. Et nos enfants ? Tous nos enfants ?
Les enfants handicapés sont des enfants comme les autres : ils ont le droit à l’école, au collège, au lycée et à toute la suite des études. En 2005, la loi a reconnu leur droit à la scolarisation. Cette révolution culturelle a permis un grand bond en avant pour l’égalité des chances entre les enfants en bonne santé et ceux qui le sont moins. Deux fois plus d’enfants ont ainsi pu être scolarisés. Pourtant, pour nos enfants les plus en besoin de solidarité, cet effort garde un souffle au cœur parce que l’engagement de l’état manque de détermination.
Quinze jours après la rentrée, la FNASEPH (Fédération Nationale des Associations au Service des Élèves Présentant une Situation de Handicap) estime que cinq mille enfants ne bénéficient pas de l’auxiliaire de vie scolaire qui leur est nécessaire pour suivre en classe et, parfois même, pour y rester.
La déscolarisation d’un seul enfant, parce que l’état l’abandonne, est un échec pour le Ministre. C’est à lui qu’il appartient de prendre toutes les mesures nécessaires pour le Handicap ne soit plus une cause de discrimination entre les enfants.
On ne peut pas assurer aux enfants la présence des indispensables Auxiliaires de Vie Scolaire sans investir dans leur formation et sans les sortir de la précarité. Les Auxiliaires de Vie Scolaire ne sont, en effet, qu’un personnel précaire, avec des contrats à durée déterminée, souvent à temps partiel, et non renouvelables au-delà de 6 ans (au mieux !). Ils n’ont, le plus souvent, bénéficié d’aucune formation initiale et ils n’ont le droit qu’à très peu de formation continue. En fin de parcours, aucun diplôme ne valide leur expérience.
30 % des postes d’AVS sont renouvelés à chaque rentrée scolaire. Chaque année, et parfois en cours d’année scolaire, il faut donc recruter à la va-vite de nouveaux CDD inexpérimentés pour remplacer les AVS expérimentés qui ont atteint la fin de leur contrat et à qui on montre la porte. Dans ces conditions, il n’est pas étonnant qu’il y ait des problèmes de personnel et que certains enfants soient privés du soutien qui leur est dû !
L’expérience montre que l’intégration est un succès. Pourquoi refuser de rendre durable cette réussite en refusant de créer le statut d’assistant de vie scolaire que ces personnels précaires méritent bien ?
Il faut créer ce statut. Parce que les AVS le méritent. Parce que nos enfants le valent bien.
Jacques TANGUY
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