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thimjo
 

QUEL GACHIS !

Au sortir des élections européennes, faisant suite aux municipales, et après quelques jours de réflexion au vu des résultats désastreux de cette dernière élection, désastreux plus encore pour notre pays que pour tel ou tel groupe politique, le sentiment d’un véritable gâchis m’est apparu de plus en plus nettement.
La France en panne, que ce soit sur le plan économique, social ou politique, en perte de repères sur le plan des projets d’avenir et des valeurs communes, se désagrège rapidement désormais en perdant le lien d’unité qui la maintenait encore quelque peu debout, c’est à dire son histoire, l’âme de son peuple.
Le fait qu’un quart des votants se laisse aller à l’irréparable vote FN, que le parti au pouvoir représente moins d’un électeur sur huit, que la droite empêtrée dans les affaires malhonnêtes n’est même plus crédible en son sein propre, que les incantations inopérantes du front de gauche et les caprices incohérents des écologistes n’intéressent plus personne, tout cela consacre l’effondrement de la classe politique française, inexorablement depuis 1995 si l’on veut bien observer le phénomène…
Cette situation, explosive, délétère, grave pour la nation, était on ne peut plus prévisible…Le peuple français a rejeté Nicolas SARKOZY mais n’a pas porté François HOLLANDE dans un élan d’enthousiasme inconsidéré, il a parié sur l’intelligence-réelle- de l’homme, en lui donnant une chance historique d’être, dans l’histoire, celui qui saurait soigner les blessures faites à la république et à la démocratie par son prédécesseur, sorte de contre exemple parfait de l’incarnation des valeurs d’honnêteté, de dévouement, d’abnégation, de sacrifice personnel au profit du peuple et de la nation.
François BAYROU, en lui accordant son vote, lui a accordé cette confiance, ce pari sur l’intelligence, en lui donnant la possibilité d’être et de devenir un homme d’état, un grand président, celui qui, un peu comme François MITTERRAND le fût, aurait su sortir de l’idéologie partisane de son camp pour devenir le générateur de l’alliance des françaises et des français, l’unificateur des espoirs et des espérances brisées, le réconciliateur des déchirés de l’injustice sociale et de la domination des puissances financières…Il aurait pu , fort de cette confiance, transformer cette élection par défaut en parcours de reconstruction de la nation et de ses valeurs historiques, il aurait pu être celui qui introduirait la France dans le troisième millénaire, en réconciliant la justice et le progrès, la démocratie et le social… lui qui n’a pas hésité à déclarer à la télévision qu’il avait toujours été un social-démocrate…
Pour cela, il aurait fallu, quitte à hypothéquer ses chances de réélection- mais ne sont elles pas déjà ruinées?- le courage de se défaire des idéologies passéistes de son parti, et accepter de couper avec le marxisme essentiel du front de gauche, et chercher une alliance d’avenir avec des démocrates et des progressistes qui, en le portant au pouvoir, espéraient cette clairvoyance… L’Europe, au cœur de la dernière élection, aurait pu être le ciment d’un nouveau projet politique ou il aurait pu trouver une majorité cimentée par des valeurs communes.
Pour cela également, il aurait fallu oser le démantèlement et la refonte totale du paysage politique de notre pays, et ne pas hésiter à allier dans un même gouvernement des socialistes de progrès comme Ségolène ROYAL, des centristes de droite  humanistes comme Michel BARNIER, etc, etc.
François BAYROU aurait pu être le chef de ce gouvernement d’union et d’intérêt national, et certainement on aurait pu s’attendre à une recomposition totale du paysage politique, une partie gauche du PS rejoignant le front de gauche, une partie droite de l’UMP rejoignant le FN, et une grande partie des écologistes rejoignant ce pôle central de progrès, et si les partis ne l’auraient pas accepté , je suis sur que le peuple aurait plébiscité ce courage pour sauver la France…
Mais ce courage, François HOLLANDE ne l’a pas eu, ou alors peut-être y a t’il songé, mais des forces obscures trop puissantes en ont fermé toute chance de réalisation…
Au lieu de tout cela, nous assistons pétrifiés à la désagrégation de notre paysage politique, de notre système de gouvernance, et rien désormais ne peut sauver ce quinquennat, qui donc n’aura servi à rien sinon à enfoncer un peu plus notre patrie dans l’impasse politique, idéologique, sociale, et, ce qui est plus grave, populaire. Le score du FN est aujourd’hui une fracture irréparable dans notre société, il est trop haut pour gérer l’alliance des démocrates, il faut désormais combattre et la solution ne sortira  désormais que d’un sursaut national espéré, mais notre pays a -encore- perdu cinq années précieuses pour rejoindre la modernité politique…

Oui, vraiment, quel gâchis…

François Thimjo

Délégué 4ème circonscription (Morlaix)

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