
« On nous ment ? »
Cher François,
Y a un truc que je comprends pas.
J’entends en boucle, sur les radios, les invectives de Sarkozy dénonçant les mensonges de Hollande – tu les as entendus, toi aussi, les « (…) quand on dit que l’ennemi c’est la finance (…), quand on compromet l’avenir de la filière nucléaire (…), on affaiblit la France et on ment aux Français » et puis le tragique « on ment du matin au soir ». Hein ? Tu les as entendus ?
Je sais bien que le contexte est celui du meeting politique dont l’enjeu est de galvaniser les foules en recourant à une rhétorique « coup de poing », avec raisonnements raccourcis et vocabulaire minimaliste. Je ne suis pas idiot.
N’empêche que, médiatisation oblige, ce type de formules-chocs, en principe éphémères et réservées à un entre-soi complaisant, s’affichent en fond du débat politique, faisant de ce débat un « flingage » superficiel aux relents de diffamation ou de calomnie (accuser un homme politique de mensonge et en persuader ses interlocuteurs à force d’éructations, ça n’est pas rien, hein ? Il semble pourtant que ça n’ait pas affecté Hollande plus que ça…).
Google étant mon ami, il m’a permis de constater qu’il existe aussi des sites entiers consacrés aux « Mensonges de Sarkozy ». Ironie de la politique. Ses mensonges-là, en définitive, comme ceux d’ Hollande, sont en réalité des promesses non tenues ou des contradictions insolemment assumées. De l’opportunisme, quoi.
Et c’est en cela qu’ils sont condamnables ! Il n’est pas question de jugement moral. Pas question de diabolisation des personnes. Il s’agit de détournement de la conscience politique ; il s’agit de négation de l’honnêteté intellectuelle ; il s’agit de mépris de la mémoire et de la raison citoyennes. Ni plus. Ni moins. Et pardonne-moi cette emphase : tout ça m’énerve.
Alors, est-ce que ce sont ces pratiques -auxquelles nous, citoyens, tendons parfois à nous satisfaire- que tu vises aussi en dénonçant la « sarkhollandisation » de la scène politique ?
Tu crois que les Français sont dupes ?
Cordialement,
Primo
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