
La Charte européenne des langues régionales ou minoritaires.
Riches d’une histoire millénaires, et aujourd’hui menacées par la pression des langues nationales dominantes, les langues régionales font partie du patrimoine culturel européen. Pour éviter la perte de cet héritage culturel spécifique à l’Europe, les états membres ont signé la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. Le but de ce traité international est la protection et la promotion de ces langues. Il est aussi de favoriser leur emploi dans la vie privée et publique.
Les langues concernées par la charte sont les langues régionales, comme le breton, le basque, l’occitan, etc., et les langues minoritaires comme l’allemand au Danemark, ou le danois en Allemagne. Les langues employées par les récents immigrants d’un État non-européen, ainsi que les patois ne sont pas concernées par ce traité.
Les États doivent entreprendre un certain nombre d’actions pour protéger et favoriser les langues régionales ou minoritaires. On peut citer la signalisation routière bilingue ou l’ouverture d’écoles spécialisées dans l’enseignement d’une langue protégée.
La France, représentée par Lionel Jospin, a signé la charte le 7 mai 1999, mais seulement 39 des 98 articles de la charte ont été ratifiés par le parlement français. Cette non ratification, alors que la majorité était socialiste, porte la marque de la duplicité du Parti Socialiste, qui est capable de signer un traité et de refuser de le rendre applicable. Cela permet aussi d’avoir un doute profond sur la sincérité de leur candidat quand il parle de ratifier ce texte. Quelles promesses sans avenir ne ferait-on pas au PS pour gagner des voix ? La mauvaise volonté de gauche est certaine. Mais elle est aussi de droite, puisque l’UMP a disposé pendant plus de dix ans de la majorité à l’Assemblée Nationale et au Sénat et qu’elle n’a pas ratifié la charte.
La journée de mobilisation nationale de ce 31 mars a pour but de réclamer aux candidats à la présidentielle la ratification de la charte européenne pour les langues régionales.
L’opinion de François Bayrou sur les langues régionales est bien connue. Parlant lui-même le béarnais, il a depuis longtemps pris position pour la ratification de la charte. Lors de sa venue à Vannes en novembre 2011, il a qualifié le breton de « trésor national ». Cette expression prend sa source dans la qualification par les Japonais de leur langue comme trésor national.
Le 11 septembre 2011, François Bayrou, interviewé sur France Bleu Béarn a déclaré : « Pour moi, les langues de France, et elles sont riches et nombreuses, le breton, le basque, les langues de la grande familles occitane où se trouvent le gascon et le béarnais,… ces langues ont besoin d’être transmises autrement qu’à reculons. Je soutiens l’idée qu’il y ait des moyens pour ces langues, aussi bien audiovisuels, que les écoles, que comme vous savez j’ai sauvées, comme Ministre de l’Éducation Nationale, aussi bien les ikastolas que Diwan ou que les calendretas occitanes, en les faisant entrer dans le cadre du contrat avec l’État. »
De nombreuses manifestations sont prévues le 31 mars dans une dizaine de villes de métropole (Quimper, Bayonne, Toulouse, Strasbourg, Metz, Perpignan, Annecy, Ajaccio, Saint-Quentin, Ons-en-Bray, Poitiers), dans les territoires d’Outre-Mer et à New York (breton, alsacien, corse). Le Modem29 participera à la manifestation de Quimper. Rendez-vous-à partir de 13h30 devant la Cathédrale.
Jacques Tanguy
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