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L’agroalimentaire en Finistère est-il face à de nouveaux défis ?

Depuis juin 2012, l’agroalimentaire finistérien n’a de cesse d’être saigné et il est à craindre que cela ne soit fini à moins que tous ensembles élus, industriels ne réagissent !
La question qui se pose, c’est pourquoi et comment en sommes-nous arrivés à une telle hécatombe alors que l’agroalimentaire est la véritable cheville ouvrière de la Bretagne avec pas moins de 40% de ses emplois industriels et 40% de ses exportations.
Cette crise est non seulement une grave crise industrielle pour le département mais elle est aussi une crise sociale des plus importantes et malheureusement, nous savons que 2014 ne s’annonce pas sous de meilleurs auspices car d’autres salariés vont perdre leur travail !
– suppression de 450 emplois chez Marine Harvest Kritsen,
– suppression de 140 emplois chez Boutet Nicolas ( auxquels il faut rajouter 200 saisonniers).
Tilly Sabco est aussi touché et a déjà réduit son activité tout en estimant ne pas pouvoir aller au-delà de la fin 2013 dans les conditions actuelles d’autant que Bruxelles a pris en juillet 2012 une décision qui consiste à stopper net les « restrictions » , aides à l’exportation dont l’entreprise bénéficiait tout comme « Doux » qui… rappelons-le a déjà connu une contraction importante avec 1000 emplois de supprimer.
Nous connaissons donc un « séisme » dans le Finistère mais pour autant les marchés sont là, les besoins existent !
Alors, pourquoi les entreprises agroalimentaires sont soumises à une crise sans précédent ? Les raisons des fermetures ou des restructurations recouvrent des réalités diverses et propres à chaque entreprise ce qui rend d’autant plus difficile l’application de la ou des solutions qui existent !
Le contexte économique de notre pays contribue bien sûr aux difficultés que connaît l’agroalimentaire, notamment la concurrence déloyale d’un pays souvent cité en exemple pour son économie florissante, à savoir l’Allemagne qui a une main-d’œuvre à moindre coût dans l’agroalimentaire mais le secteur de l’agroalimentaire est aussi « plombé » par des stratégies pour le moins aventureuses voire dispendieuses.
Il faut donc remettre tout à plat et mettre en œuvre une politique de reconquête des marchés et faire face à la mondialisation que certaines de ces entreprises n’ont pas su ou pas pu anticiper. Cette reconquête incombe tant aux industriels qu’aux élus qui doivent se rapprocher des centres décisionnels que cela soit celui des sièges des entreprises locales (Marine Harvest par exemple) ou que cela soit celui du gouvernement ou même de Bruxelles.
Nous ne pouvons pas rester les bras croisés devant une telle hécatombe sociale et nous devons réagir. Il ne faut pas oublier que l’agroalimentaire s’est développé dans notre région dans les années 1970 passant d’un artisanat à l’industrialisation que nous connaissons aujourd’hui. Le savoir-faire est donc là !
La mondialisation nous offre un nouveau défi ! Nous devons y répondre même si nous sommes éloignés des « grands marchés » ; ces marchés nous tendent les bras ! Nous devons aussi tout faire pour annihiler l’handicap que peut créer parfois notre situation géographique mais pour cela nous devons modifier notre modèle économique en étant plus réactifs aux fluctuations des marchés (dans la filière porcine par exemple), en essayant de répondre à la sous-capitalisation de nos entreprises agroalimentaires qui empêche d’innover, d’investir, de former et de grandir.
Nous devons également nous battre sur le fiscal et tout comme hier, nos ancêtres avec la révolte du papier timbré, nous devons réagir afin que les portiques de la taxe carbone ne mettent pas nos entreprises sur une voie sans issue !

Joël MARTIN

http://ouestcornouailledemocrate.wordpress.com/

 

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