
Engagées.Bzh encourage l’engagement politique des femmes
Article du Ouest-France par Martin Hernot.
Ce samedi 6 et dimanche 7 octobre 2018, au golf de Guérande, les adhérents de l’association Engagées.Bzh ont évoqué la place des femmes dans la sphère politique.
Dans l’arrière-salle du golf de Guérande, une inscription trône au-dessus de la cheminée : « Les talents s’affrontent, l’art de vivre se partage. » Un précepte tout à fait à-propos pour la vingtaine de femmes qui s’y est réunie, ce week-end, afin d’évoquer la place des femmes en politique. Cinq députées et la consul de Norvège sont venues partager leur expérience. « J’aimerais voir un jour une présidente à l’Assemblée, explique la députée Sarah El Haïry, déclenchant une vague d’approbations dans l’auditoire. Si demain une femme est élue ministre de l’Intérieur, j’espère qu’on ne dira pas que c’est une victoire des femmes, mais que c’est parce que la société a évolué. »
L’association Engagées.Bzh est née du constat amer de plusieurs femmes politiques. « Après les élections régionales de 2015, on a eu un coup de gueule. Malgré la loi sur la parité, on n’a pas eu notre place » , déclare Catherine Le Floch, présidente de l’association. « On est minoritaires aux conseils communautaires et la plupart des maires sont des hommes, précise Isabelle Le Bal, élue quimpéroise. La parité est une volonté d’ouverture aux femmes, mais ce n’est pas une fin en soi. On aimerait être reconnues pour nos compétences et non en termes de quotas. »
« On n’est pas des foldingues de féministes ! »
« Le pouvoir était historiquement aux hommes. Ils ont encore en eux ce code du pouvoir, explique Catherine Le Floch. Nous, les responsabilités, on est obligées d’aller les chercher. » Mais pas question de basculer dans le rapport de forces : « On n’est pas des foldingues de féministes ! Faire de la politique contre les hommes n’est pas constructif. On veut le faire avec eux, mais avec nos codes. » David Guillerm, président du Modem dans le Finistère et l’un des deux hommes présents à la réunion, approuve : « C’est un combat sociétal, et il faut qu’on le fasse ensemble. »
Si l’association se veut politique, elle n’a pas d’étiquette et est ouverte à tout le monde. « On est aussi en contact avec un réseau de femmes entrepreneuses et agricultrices, révèle Catherine Le Floch. Les femmes de tous domaines ont besoin de communiquer entre elles. » Tous les mois, des réunions et des activités sont organisées. « En novembre, on va visiter le parlement européen à Bruxelles. »
Aujourd’hui, une centaine de femmes composent l’association. Néanmoins, Engagées.Bzh éprouve des difficultés à capter l’attention les jeunes femmes. « Les nouvelles générations se détachent de la politique » , constate Isabelle Le Bal. Les hommes sont aussi les bienvenus, « mais ils restent généralement à distance » , sourit Catherine Le Floch. Parmi les adhérentes, certaines sont députées, d’autres conseillères régionales. « On a même une sénatrice, ce qui nous permet d’avoir une représentativité jusqu’à Paris. » Armées de cette expérience, elles souhaitent préparer et soutenir les femmes qui se présenteront aux prochaines échéances politiques. « On veut leur transmettre quelque chose. Les femmes ont besoin de plus de soutien lorsqu’elles se lancent. »
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