
À Quimper, il faudrait changer de braquet
Ne parlez pas au MoDem de stratégie d’alliances en vue des municipales. Trop tôt. Le groupe d’opposition peaufine sa « dynamique de projet » et décoche quand même quelques flèches.
« L’éloge de la lenteur », tel est le credo du MoDem, à moins d’un an des municipales, afin de « bâtir un projet pour Quimper. Nous travaillons sur des axes de programme, dans l’idée de constituer une liste aussi diverse que possible. Ça n’exclut pas, dans un second temps, de discuter avec d’autres groupes. Nous verrons où nous en serons à la rentrée prochaine. C’est la période où nous ferons les bilans. L’idée est de jouer un vrai rôle dans la prochaine municipalité et de discuter avec ceux qui sont les plus proches de nos idées », explique Isabelle Le Bal. Pour l’heure, « nous ne sommes pas dans un timing d’élections municipales. Nous œuvrons à un projet : mettre à jour notre petit livre orange », poursuit Isabelle Le Bal. Sa précédente mouture aurait, selon elle, « inspiré certaines politiques publiques. C’est bien. Nous sommes dans une opposition constructive mais jamais démagogique ».
« Décrochage économique sévère »
Quelques axes de travail ? La place de Quimper dans la Cornouaille et en Bretagne. « On décroche en terme d’aménagement du territoire », estiment les membres de l’association Quimper Nouvelles Énergies, qui regroupe les ex-futurs colistiers d’Isabelle Le Bal. Le magnétisme de Brest, « qui a attiré beaucoup de services publics », continuerait son travail de sape. « Nous sommes dans un décrochage économique sévère », poursuit-elle, rappelant que son groupe a été le seul à voter contre l’Agence de développement économique, davantage une structure d’aménagement du territoire à ses yeux qu’un véritable levier en terme d’action économique.
« Ne pas bannir la voiture du centre-ville »
Face à ces grands enjeux, la réaction de la majorité n’est pas, aux yeux du MoDem, à la hauteur. « À Quimper, il faut changer de braquet. Sur le pôle de la gare (lire page 13), l’échéancier est repoussé. Pour nous, c’était pourtant la priorité pour rester dans la course ». À l’inverse, le groupe redit son opposition au pôle Max-Jacob (notre édition d’hier), jugeant notamment irréaliste de faire travailler ensemble des disciplines artistiques qui n’ont pas les mêmes calendriers, et alors même que plusieurs associations culturelles bretonnes, dont le bagad Ar Re Goz par exemple, ont des problèmes pour se loger. « L’UMP s’est rallié à notre position », note Isabelle Le Bal. La situation en centre-ville est un autre sujet phare des discussions. « Il y a une politique commerciale à élaborer si on ne veut pas devenir un bourg. Sur le schéma transport, on en arrive à voter une délibération qui reprend les arguments du commissaire enquêteur : faire de nouveaux parkings avant d’en supprimer. Nous l’avions dit : il ne faut pas bannir la voiture du centre-ville. Nous sommes quand même que dans une ville moyenne. On ne pourra pas élaborer un circuit de transport en commun équivalent à celui de Brest ».
Thierry Charpentier – Télégramme du 26 avril 2013
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